La Place des spectacles permettra de rapidement oublier la perte du Grand Prix, explique le président de Spectra, Alain Simard. (Photo: Éric Carrière)
« La perte du Grand Prix du Canada n’est pas la fin du monde » pour Montréal » - Alain Simard, président de Spectra
Le président de Spectra et grand manitou du Festival de Jazz de Montréal, Alain Simard, laisse entendre que la perte du Grand Prix du Canada est « triste pour Montréal, mais n’est quand même pas la fin du monde. Il faut savoir relativiser ».
En entrevue, M. Simard a abordé les impacts pour Montréal de l’annulation du Grand Prix du Canada, habituellement présenté sur le circuit Gilles-Villeneuve au mois de juin de chaque année. « C’est évidemment triste pour la ville parce que cet événement donnait un grand rayonnement télévisuel à Montréal. Mais en même temps, on chiffrait à environ 35 000 le nombre de touristes étrangers présents durant seulement un week-end. Ce n’est donc pas la fin du monde pour Montréal. Il faut relativiser l’importance du Grand Prix », dit-il.
Pour M. Simard, il est périlleux de brasser des affaires avec Bernie Ecclestone. « C’est plate, mais quand tu négocies avec un gars comme lui tous les trois ans pour un nouveau contrat, c’est le genre de situation (la perte du Grand Prix) qui peut arriver. En investissant sur des événements uniques comme on l’a fait dernièrement avec, par exemple, les jeux gais et les mondiaux de natation, tu fais un bon coup d’argent sur le coup, mais après, c’est fini. Il ne reste plus rien pour Montréal. Je pense qu’il est plus intéressant de mettre de l’argent sur des choses récurrentes, comme les Internationaux de Tennis ou les différents festivals de musique, parce que ce sont des événements qui reviennent à chaque année. Ainsi, tu investis dans des choses qui t’appartiennent et qui vont rester à Montréal. »
Le président de Spectra souligne que la construction de la Place des festivals de même que la mise en place du nouveau Quartier des spectacles, permettront à Montréal d’oublier les contrecoups de cette perte. « Au moment où l’on perd le Grand Prix, on sait au moins que la Place des festivals et le nouveau quartier culturel de renommée internationale, qui seront complétés dans quatre ans, nous permettront encore de grandir. Il faut exploiter ces atouts. Les différents festivals sont en croissance. Dans quatre ou cinq ans, on n’en parlera plus de cette perte. La réalité, c’est qu’il vaut mieux avoir des événements qui remplissent nos hôtels à 200 $ la nuit pendant trois mois qu’un événement qui remplit les hôtels à 300 $ la nuit durant seulement un week-end. »
Pas de déficit et pas de François Girard
Par ailleurs, la dixième année du festival Montréal en lumière, qui devait s’ouvrir par le prestigieux spectacle Le vol de Lindbergh/Les sept péchés capitaux, une œuvre de Kurt Weill et Bertolt Brecht, avec une mise en scène de François Girard, est annulé.
Pour expliquer ce revirement, l’organisme a fait savoir, par communiqué, que « le montage financier de cet opéra, qui prévoyait 50 % en revenus de billetterie et 50 % en financement public et privé, sur un budget totalisant près d'un million de dollars, n'a malheureusement pu se concrétiser, compte tenu du contexte économique actuel ».
Il semble que le déficit accumulé du festival ait également pesé dans la balance. Selon ce que nous avons appris, le conseil d’administration du festival Montréal en lumière n’aurait pas vu d’un bon œil la présentation d’un spectacle qui s’annonçait déjà déficitaire et aurait ainsi refusé aux organisateurs la tenue de cet événement.